Patrimoine de la commune
L’origine du moulinage de la soie dans notre commune.
Les
touristes étrangers à notre région, lors d’un passage dans notre
commune demandent avec curiosité la destination de ces longs bâtiments
toujours situés au bord d’une rivière. Nous leur répondons qu’il
s’agit d’anciens moulinages de soie, de fabriques comme on disait.
Mais l’implantation de cette industrie n’est pas le fruit du hasard,
car l’origine du moulinage se trouve en Italie du Nord, ce pays
a été le premier à élever des vers à soie en Europe après avoir
importé frauduleusement des oeufs (des graines) de Chine par la
célèbre « route de la soie » pendant la renaissance. De la, quelques
familles ont émigrés en France vers le début du XVIe siècle et
se sont fixées dans le massif du Pilat dans l’actuel département
de la Loire, et cette industrie s’est répandue ensuite dans les
régions voisines.
Par la suite les premières fabriques de l’Ardèche que l’on peut
qualifier de « moderne » se sont édifiées à Chomérac et à Pont
d’Ucel vers le milieu du XVIII siècle sous l’impulsion d’Henri
Deydier et sous le contrôle technique de Jacques de Vaucanson
célèbre ingénieur de cette époque qui a conçu de nouveaux moulins
à tordre fondamentalement différents du modèle Piémontais. Ce
moulinage s’appelait sous l’ancien régime «Manufacture Royale
de Pont d’Ucel» et l’on peut encore voir les anciens bâtiments
au bord de la N104.
A partir de là, les moulinages ont essaimé dans toute notre
région et en particulier dans les Boutières qui possédaient
alors deux conditions indispensables : une main d’oeuvre nombreuse
et peu exigeante et des cours d’eau assez abondants pour fournir
l’énergie nécessaire. Dans notre commune la première fabrique
par ordre d’ancienneté est «La Feuille» attestée au XVIIe siècle
comme moulin à blé appartenant à un nommé Alexandre La Feulh et
transformé en moulinage de soie propriété d’Henri Bourret mais
déjà en activité en 1832. Ensuite Poumarat du nom de la famille
originaire du Théron, qui l’a exploité, d’abord aussi comme moulin
à blé puis converti en moulinage en utilisant la force motrice
de la roue à aubes dans la première moitié du XIXe.
Le moulinage des Terrasses date du milieu du XIXe exploité par
les familles Bourret et Mathieu. Enfin l’ancienne usine Reynaud
date de 1903. A l’origine toutes ces fabriques travaillaient exclusivement
la soie naturelle fournie par les magnaneries et filatures du
sud de l’Ardèche, du Gard et de l’Heyrault et aussi par des soies
importées d’Italie de Chine et du Japon. Il faut noter qu’il s’agissait
exclusivement de «façonniers» c’est à dire qu’ils n’étaient pas
propriétaires de la soie grège et que la «façon» leur était payée
par leurs clients, en général des négociants Lyonnais ou Stéphanois.
Article de M. Philippe AURENCHE